Where The Ends Meet

« WHERE THE ENDS MEET » EXPOSITION CURATÉE PAR MME HEEJIN KIM.
Galerie Houg - Lyon / 2013

L’art coréen, doté d’un caractère original, occupe une place particulière dans le paysage artistique est-asiatique. Alors que d’ordinaire les arts du continent asiatique se reflètent par un mélange des liens étroits qu’ils possèdent avec la tradition et de l’essence des sociétés contemporaines, la Corée, de par le conflit idéologique qui la divise depuis les années 50, puise dans la politique moderne une inspiration majeure, véritable source de création artistique. Surtout ce pays où coexistent le paradigme idéologique du siècle dernier et la haute technologie du futur, l’idéalisme féodal et l’industrie globale de hallyu, la course à la vitesse et la division territoriale, la mémoire du colonialisme et la modernisation hâtive pourrait être considéré comme l’un des carrefours où se font face d’une manière extrême tous les désirs humains fondamentaux.

A cela s’ajoute une réflexion sur l’orgueil de la civilisation humaine et la fausse conscience de l’homme, réflexion faite par les témoins de cette catastrophe nucléaire et du désastre naturel qui a bouleversé terre et mer. Leur pensée sur la civilisation matérialiste parvient à convoquer les valeurs morales essentielles, certes ternies dans le monde moderne, mais qui subsistent en tant que formes et icônes. Ces artistes redécouvrent les signes et symboles moraux dans la vie quotidienne contemporaine et les reconstruisent dans un contexte nouveau. Qu’est-ce que le respect ? Qu’est-ce que la sublimité de la nature qui peut provoquer jusqu’à l’oubli de soi ? Quelle illumination métaphysique apporte sur notre quotidien la vie et la mort ? Que sont l’élégance et la justice ? Dans leurs œuvres, nous pourrons découvrir ces pensées philosophiques et anthropologiques, intrinsèquement liées à notre réalité.

Bien que cette exploration de l’art contemporain coréen puisse paraître comme un idéalisme métaphysique, du point de vue plastique, il garde cependant sa vitalité et sa jovialité, de par son ironie, son imagination autoréférentielle excentrique et sa conscience dynamique de la réalité : re-fabriquer les symboles mythiques à partir des matériaux quotidiens, redécouvrir le merveilleux de la nature par l’intermédiaire du cinéma, ou encore réapprendre la posture héroïque dans une répétition théâtrale. Si la dimension conceptuelle des œuvres se développe d’une manière complexe dans une structure fléchie à plusieurs plis, au niveau plastique, l’ «idée » métaphysique et le quotidien concret se confrontent d’une manière « funky » et tangible. Tout en se basant sur l’attitude éthique qui permet de redécouvrir les nobles valeurs morales, elles font preuve de franchise antiautoritaire en se permettant l’audace de les exprimer dans une grammaire quotidienne, dans un système de pensée original qui articule corps-sensation-média-quotidien d’une façon synthétique.

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